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5. La résurrection du Psychologue Clinicien H/F

De l’existence des miracles

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La capacité à être seul, à se déprimer[1], cela le psychologue clinicien l’entend parfaitement et a vécu cette expérience fondamentale dans la construction du sujet maintes fois. Là encore, être seul ne prend son sens que lorsqu’il s’agit pour nous d’avoir été lié au préalable avec un Autre ; sans cela, nous sommes a-personnel, c’est-à-dire personne. Ulysse, ayant fait un long voyage, a pu user de la ruse de ce prénom afin de signifier sa présence et son absence. Persona ou le masque prosopon nous permet une identification à l’autre, dans le conflit, à l’image du jeu étrusque de Phersu, comme dans l’alliance.

Guidé par Eros et conservant son identité professionnelle, le psychologue clinicien décide de s’allier davantage avec ses confrères, espérant partager son expérience et tentant ainsi de délimiter le champs d’action de son métier.

Le fil rouge de sa démarche : la clinique, toujours la clinique.

 

Malgré des candidatures n’ayant aboutit, le psychologue clinicien poursuit sa mobilisation et n’envisagera aucun renoncement avant d’être persuadé qu’il a bien mis en place toute l’énergie dont il dispose pour parvenir à son but. Il se tourne alors vers l’extérieur et fait progressivement la connaissance de confrères témoignant leur épuisement face à leurs recherches d’emploi.

Beaucoup de colères et de révoltes, d’indignations et de revendications, mais aussi de découragements et de pertes d’espoir sont ainsi dévoilés dans des espaces interdisciplinaires dans le monde de la psychologie. Le psychologue clinicien retrouve l’objet de sa pensée peu à peu, concernant à la fois la place que sa profession occupe dans la sphère sociale et les situations auxquelles sont confrontés ses confrères qu’ils exposent afin d’avoir un éclairage mutuel.

Cette question de la mutualisation des connaissances de sa profession, cela la psychologue clinicien souhaite s’y pencher davantage.

A travers les plaintes incessantes du monde des psychologues, il encourage et témoigne à son tour de ses tribulations.

 

Pour en revenir au parcours de ce P.C. singulier, après cinq mois de désert professionnel durant lequel il a survécu significativement au silence, il reçoit enfin un retour positif sur candidature et décroche plusieurs entretiens durant un même mois.  Ô miracles de la condition humaine : sombrez donc chers amis, ainsi vous apprécierez la moindre lueur d’espoir !

Entre les concours de la fonction publique masqués qui ne s’adressent finalement qu’aux internes déjà en poste ou les instituions privées indécises quant à leur devenir (parfois à juste titre, nous le concédons), les flammes ressemblent à celles que l’on trouve sur les bougies magiques dans les accessoires de « farce et attrape » : on croit avoir « éteint » son objectif mais il faut sans cesse redonner du souffle pour voir son but atteint…

 

flotte-300x225 dans ETATS DES PIEUX, ou la vertu des psychologues

Appel des mille et une vies confraternelles


C’est alors qu’une consœur lance un cri du cœur pour sensibiliser les psychologues à la souffrance de notre profession face aux aléas institutionnels et des démarches managériales évinçant la question du sujet dans le recrutement. Cette méprise du sujet, que nous dénonçons tant, nous choque toujours autant. Cette même consœur imagine des moyens de sortir de la langue de bois, de confronter non seulement notre société mais également nos confrères à cette misérable réalité passée sous silence que représente notre place socio-professionnelle tant éprouvée par chacun d’entres nous. Que l’on soit étudiant en demande de stage, jeune diplômé en recherche d’un premier poste, plus expérimenté dans une démarche de réorientation clinique, ou en fin de carrière à la recherche d’une reconnaissance statutaire préservant d’une potentielle précarité lors d’une mise en retraite décente envisageable pour ses vieux jours, pour n’évoquer que quelques situations, même constat : nous embarquons sans cesse dans une galère !

 

Nous échangeons à travers un forum à vocation fédérale. Nous nous exposons dans nos méandres, relatant notre fatigue, notre usure, parfois criant notre désespoir. Nous nous rattachons à un fil de discussion, pour ne pas perdre le fil de notre identité professionnelle. Nous nous rappelons sans cesse notre courage à maintenir notre cap, à tenir bon notre barre, à ne pas vouloir dériver !

rames-300x225 dans Evangile selon Fiolepsy

Jamais l’appel à entendre nos confrères et consœurs n’a été aussi puissant, aussi captivant… Parce que captif d’un marché du travail qui ignore les besoins de la psyché, le Psychologue Clinicien se perd dans son mal à exister professionnellement. Il s’en remet alors aux échos de ses pairs qui, tel le chant des sirènes, résonnent comme un espace enchanté qui lui ouvrirait les bras pour lui proposer un monde meilleur possible, quelque part, dans un autre temps… Ce jour-là que le P.C. attend arrivera, il le sait ! Il sait au fond de lui qu’il aura une place à part entière. Le Psychologue saura remobiliser en lui toutes les ressources dont il dispose, nécessaires pour se verticaliser, marcher et plus seulement silencieusement. Ce Psychologue Clinicien ne veut plus se contenter du chant des sirènes, il veut incarner sa propre voix et marcher, avancer parmi les siens. Il parlera dans cette fierté, de « Pride » confraternelle, soulevant à la fois rejet et curiosité. Le P.C. s’attachera essentiellement à la dernière qui sollicite étonnement et découverte, états propices à la construction de l’imaginaire, un imaginaire à construire à plusieurs…

 

 

Le Psychologue Clinicien signe et persiste

 

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Ce sera devant le 5 rue de Lille, à Paris, que le P.C. rencontrera ses confrères, sensibilisés à l’appel. Ce sera devant l’ancienne demeure de Jacques Lacan qu’un petit groupe d’individus sortira de l’anonymat et se risquera dans la rencontre. Pour le P.C., la « Pride » trouvera ses débuts dans cette modeste marche engagée par 7 psychologues, se découvrant alors un matin de printemps. Non loin derrière cette adresse, se trouvait l’ancienne demeure de Serge Gainsbourg, un autre personnage célébrant la psyché humaine, également au n°5 (bis) mais de la rue Verneuil, dans le même 7ème arrondissement de Paris.

Amusés, détendus ces 7 Psychologues Cliniciens admirent ces différents lieux. Audacieusement, ils sont parvenus à s’introduire dans la cour du 5 rue de Lille grâce à l’un des habitants des lieux qu’il fallait convaincre pour apaiser sa crainte de dégradations des lieux par des intrus malveillants. Car effectivement, une rue parallèle plus loin, ces 7 Psychologues Cliniciens pouvaient apprécier la haute teneur en couleur qu’ornementait la face du 5 bis Rue de Verneuil

Dans sa quête multiple, le P.C. aime partager ses pensées, entretient sa capacité onirique, imagine des projets communs. Mais pas n’importe lesquels ; ceux qui viennent alimenter son désir d’un monde encore plus humaniste ; ceux susceptibles de dynamiser les relations humaines.

 

Lors de cette rencontre opportune entre 7 Psychologues Cliniciens, les uns et les autres abordaient objets politiques et politiques de l’objet, objets créatifs et créations d’objets, le tout en marchant d’un pas oisif dans les rues parisiennes. Ils déjeunèrent dans un bistrot  afin de poursuivre leur alimentation psychique. « Bistre, Bistre ! », chacun termina son café précipitamment, devant vaguer à d’autres occupations…chez-gainsbourg2-300x225

Les 7 Psychologues Cliniciens se sont séparés en se disant qu’ils remettraient cela à une prochaine fois. Les rencontres mensuelles ont tenue mais l’effectif des P.C. a diminué. Il y a eu comme un défilage de corps. Mais le Psychologue Clinicien n’en tiendra jamais rigueur, ô jamais au grand jamais !

Le temps est grand maître il règle bien des choses (Pierre Corneille).

 

 

Della disparizione dei psicologi clinici : « de la disparition des psychologues cliniciens » ?

 

Cette espèce n’est pas en voie d’extinction, bien au contraire ! Le Psychologue clinicien fait partie d’une espèce que l’on retrouve dans bien des espaces et que l’on ne peut plus désigner dans les différentes institutions où il exerce comme O.V.N.I. ou « Objet Visible Non Investi » car ce serait dénier l’objet même de son travail : rendre visible à la psyché ce qui est invisible pour la société. Déployer tout l’espace et le temps nécessaires pour légitimer le discours de l’âme humaine, pour définir a minima la  Psychologie. Les psychologues cliniciens, quant à eux, sont de modestes artisans, au service des âmes…

L’épisode de la PsyPride a permis une chose essentielle: la rencontre possible de différentes personnalités au sein d’une même profession ; le désir commun de croire qu’un meilleur horizon se profilerait à partir de notre seule volonté ; un devenir professionnel plus épanouissant dont nous serions enfin principalement acteurs !

 

Mais au fait, que peut alors bien signifier « Psy Pride » ?       

P.R.I.D.E. : Psychologues Réunis et Investis dans Divers Espaces…

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Confraternellement Nôtre,

 

Fiolepsy.


[1] D’après les concepts, successivement et respectivement, de D.W. Winnicott (1958) et de P. Fédida (2001).

20 novembre, 2012 à 20 h 11 min


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